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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 01:03

Deux films de Pablo Trapero, Argentine

1 Carancho, Pablo Trapero, Argentine, 2010

1.1 Synopsis - chaudement recommandé

Le Caracara huppé ou Caracara à crête (Caracara plancus, syn. Polyborus plancus) est une espèce de rapace de grande taille (entre 55 et 60 cm de long) appartenant à la famille des falconidés. Rapace audacieux et opportuniste, on le voit souvent se promener sur le sol où il se déplace très bien pour chercher sa nourriture. Il se nourrit principalement de charognes et n'hésite pas à attaquer des animaux jeunes, blessés ou en difficulté. (merci wiki)

 

Caracara huppé se dit «carancho» en espagnol.

 

C'est un flim noir, chaudement recommandé !

 

http://gestioncultura.cervantes.es/COMUNES/21937_I_carancho.jpg

 

L'histoire tourne autour de la relation entre deux personnages, Sosá et Luján, qui oscille entre l'amour et la haine. Sosá est un «carancho», un ancien avocat qui vit des victimes des accidents de la route. Ses contacts lui permettent d'arriver avant les autres sur le lieu de l'accident ou à l'hôpital, pour offrir ses services légaux au nom d'une «fondation» (qui est en réalité illégale). Il promet à la victime de lui obtenir des indemnisations. L'argent que Sosá récupère servira en retour à graisser la pâte de médecins, policiers, etc. Luján, elle, est une jeune médecin de garde à un hôpital de la ceinture extérieure de Buenos Aires. Après plusieurs rencontres, elle découvrira comment il gagne sa vie et insistera pour le faire changer de voie. Alors que leur relation évolue, Sosá connaît des problèmes avec son chef de la fondation et essaiera, aux côtés de Luján, d'échapper de ce monde sans sortie apparente.

 

C'est un film noir, autant par les lieux (hôpitaux publics glauques) que par le fait que la majorité des scènes sont filmées de nuit. C'est aussi un film violent, psychologiquement d'abord car on voit toute la violence sociale subit et exercée, puis violent physiquement par la suite.

La manière de filmer nous absorbe complètement. Nous avons beaucoup de longs plans. S'ensuit qu'on ne peut qu'être scotchés par la performance de Ricardo Darin, un acteur qu'on retrouve dans énormément de productions argentines, telles que l'excellent Dans ses yeux (qui n'est pas du tout un film à l'eau de rose), par celle des acteurs secondaires et dans une moindre mesure par celle de Martina Gusman, qu'on retrouve dans les trois films de Pablo Trapero (c'est sa femme).

 

Je n'ai pas trop travaillé ma chronique, mais je recommande chaudement ce film… à l'inverse du film suivant, Elefante Blanco, qui vient de sortir en France.

1.2 Téléchargement

Téléchargement torrent : https://thepiratebay.se/search/carancho/0/7/0

 

Rappel : vous aurez besoin d'un logiciel de pair-à-pair tel que Qbittorrent (sous windows, vous avez déjà Transmission ou équivalent sous GNU/Linux).  

Rappel 2 : après avoir téléchargé le film, c'est sympa de laisser votre client bittorrent allumé afin de participer au partage. Le téléchargement est toujours illégal.

2 Elefante Blanco, Pablo Trapero, Argentine, 2012

2.1 Synopsis - à éviter

Le film se passe dans une «vila» (un bidonville) de la banlieue de Buenos Aires. Avec des travailleurs sociaux, des prềtres gèrent des projets pour la communauté. Nous avons Ricardo Darin, encore lui, en prêtre-chef, Martina Gusman, encore elle, en travailleuse sociale et un prêtre français, jeune et impétueux, qui les rejoint après la fin tragique d'une de ses missions quelque part dans la jungle amazonnienne. Ils travaillent dur, et tout part en vrille.

 

Pour moi le film sonne totalement faux. L'histoire est totalement réchauffée.

 

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/22/16/20442466.jpg

 

Organiser des projets dans la vila ne paraît qu'un prétexte pour filmer la vie dans la vie. C'est très bien filmé au demeurant, j'aime beaucoup le style de Trapero, très vivant, grâce à de longs plans séquences où l'on passe d'un groupe de personnages à un autre, mais aussi par le fait que le film veut montrer la vila en vrai, comme un documentaire.

Je n'aime pas l'acteur français. Il ne change pas son jeu de tout le film, son fort accent français lorsqu'il parle espagnol est horripilant, et il ne prend pas d'initiatives de jeu dans une scène. On dirait qu'il suit les autres comédiens. Est-ce que ce film est subventionné par une télé ou institution française ? On dirait que le français n'est là que pour remplir le cahier des charges.

 

Je trouve que trop d'évènements sont improbables. On n'y croit rapidement plus et cela nous fait déconnecter du film. De l'amour, pourquoi pas, cela pourrait rajouter du romantisme (totalement déplacé au demeurant).

Trop d'évènements paraissent également trop classiques, tout droit sortis d'un cahier des charges élaboré de concert avec une agence touristique (étrangère bien sûr, de celle qui veut montrer le typique). Nous avons droit au flic infiltré, à une tuerie, à une hiérarchie comment dire… typiquement hiérarchique, à une rébellion, qui est d'ailleurs amusante car les travailleurs sociaux, totalement dépassés, se débattent en criant des injonctions inutiles : «Allons-y !» «Attention !» «Par ici !» ou «Mais arrêtez !» etc.

 

Tout cela, pourquoi pas, mais ce sont beaucoup de thèmes traités très légèrement. On comprend à la fin ce que signifie le titre du film, Éléphant Blanc, mais pour moi cela représente très bien ce balourd de prêtre gringo.

3 Autres films de Pablo Trapero

Il a tourné d'autres longs-métrages depuis 1999, que je n'ai pas vu :

https://es.wikipedia.org/wiki/Pablo_Trapero#Largometrajes

 

Bon(s) film(s) !

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 01:38

 

Rien de tel que des films pour apprendre une langue et une culture, et rien de tel que des courts métrages pour faire de même quand on n'a pas la toute la soirée devant nous.

Il y a beaucoup de courts-métrages repertoriés sur le site http://portacurtas.org.br/filmes/, mais malheureusement peu sont visibles. Je pensais avoir trouvé une mine d'or, mais non. Mais le site qui aura beaucoup de contenu, vous le connaissez déjà : youtube. Il suffit de faire sa requête en portugais ;) Mais encore une fois, je n'en ai pas trouvé beaucoup. Voici donc mes trois préférés.

1 Eu nao quero voltar sozinho na casa

soit : je ne veux pas rentrer tout seul à la maison

 

C'est une jolie histoire , sans préjugés. Leo est aveugle. Sa meilleure amie, Giovanna, lui donne le bras tous les jours pour aller et rentrer du collège. Un beau jour, un nouveau intègre la classe et les trois commencent à se lier d'amitié…

(les dialogues sont excellents pour bosser votre portugais du Brésil, surtout qu'on a des sous-titres en français).

 

(on peut choisir les sous-titre dans le lecteur de youtube)


 

 

2 Faca sem ponta, galinha sem pé

soit : couteau sans pointe, poule sans pieds (ce qui doit être une expression idiomatique dont on comprend vite le sens).

 

Il parait horriblement kitch mais c'est fait exprès. Il soulève les questions de genre et de construction sociale, pour les enfants (et les parents !). Pedro et Joana ne se sentent pas très bien dans leurs rôles respectifs. Soudain, tout se mélange et c'est rigolo et pédagogique^^

Voici la retranscription des deux premières minutes, pour toi ô lecteur qui apprend le portugais :

 É a historia de dois irmãos. Aconteceu com eles uma coisa muito esquisita, muito rara, e muito difícil de acreditar. Ele é o Pedro, um menino de dez anos, e ela é a Joana, uma menina de oito anos. Eles moram nessa casa com os seus pais, o Setúbal e a British (?). - Cuidado crianças, só vocês brincam naquela rua - É, cuidado que aqui passa carro, tá ? - (o amigo) Pedro, vamos jogar bola Pedro : «to iendo» (estou endo) … Joana : Pedro, tambem quero jogar Pedro : Nunca , menina só pode jogar futebol com menina. O que que meus amigos vão dizer ? J : Você acha que eu to ligado (?) pelo que teus amigos vão dizer ? P : Você não ta, mas eu to, meninas não podem jogar com meninos, pronto. Amigo : vamos Pedro : foi Joana : Droga, que isso não esta certo. (ela entra na casa) Mãe : Que modo Joana, menina tem que ser delicada, tem que ser boazinha. Joana : Nem pensar, estou cheio de ser menina ! 

3 Agua viva

Celui-là est plutôt classique. Mal être d'une adolescente troublée par un garçon…

4 Os normais (un gars une fille brésilien)

C'est une série humoristique qui date de 2001-2003, qui a eu un grand succès, et qui n'est pas trop kitsh comme le sont les télénovelas, donc qui est regardable. C'est une sorte d'«Un gars une fille» version brésilienne, avec Vani et Rui qui vivent à Rio de Janeiro (mais on ne voit évidemment rien de la ville).

Par contre, niveau portugais il faut vous accrocher, ça parle vite.

 

 

PS : si vous ne l'avez pas vu, ne manquez pas l'incontournable Ilha das Flores.

 

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 20:57

 

1 Cousteau sur l' Amazone

Cousteau représente pour moi de gros volumes poussiéreux chez ma grand-mère (il a quitté la marine pour naviguer sur la Calypso en 1949). Mais j'ai sorti mon préjugé du placard pour visionner le dvd numéro 18 relatant le périple du commandant et de son équipe à travers le gigantesque fleuve Amazone. Et bien m'en a pris car on voit des choses magnifiques et hallucinantes. On découvre la faune et la flore, certes, dans une partie du Brésil que vous ne verrez pas du tout en allant à Porto Alegre (et que de toutes les manières il est difficile de découvrir), mais on voyage aussi chez les hommes, et c'est surtout là que j'ai écarquillé les yeux.

 

cousteau_dvd18.jpg


On ne manque pas de rencontrer les fameux indiens. On voit des touristes danser avec des «cannibales»; on voit l'air halluciné de trois femmes, les dernières descendantes de leur tribut décimée; des guerriers en salopette, un chef indien aller en ville pour la première fois afin de rencontrer un président, combien de fois on doit cracher dans la bière indienne pour la faire fermenter,… D'ailleurs, si vous avez lu «Tristes tropiques» de Levi-Strauss, cela nous permet de mettre plein d'images sur notre lecture (oui le livre est intéressant voire passionnant, malgré le premier chapitre trop long et pompeux).

 

En même temps on voit aussi de belles images de la faune et de la flore, témoignant de sa richesse, et comment s'organise l'expédition, ce qui donne le coté aventurier-scientifique au documentaire.

 

Mais c'est dans la seconde partie que j'ai vu les images les plus incroyables que j'ai jamais vues : le fourmillement humain d'une mine d'or, trou d'argile béant. Du coup, on voit les conditions des orpailleurs, le fleuve filtré par des barges aurifères, comment les hommes vont aspirer le fond, le processus d'obtention d'un lingot d'or, etc. C'est dingue.

 

Tout cela, on l'a vu en film ou dans les bandes dessinées, cela s'est passé en vrai et on peut le voir en images !

1.1 Téléchargement

Malheureusement pour ce torrent il faut s'inscrire sur un site (ce qui toutes proportions gardées me paraît assez propre. Pas d'assaut de spams constatés depuis)

Le DVD regroupe deux documentaires intitulés «Ombres fuyantes : Indiens d'Amazonie» et «La rivière de l'or».

Le torrent : http://www.t411.me/torrents/cousteau-dvd18-french-dvdrip-by-ratblanc

(Si vraiment vous ne souhaitez pas vous inscrire au site, envoyez moi un petit mot…)


On peut voir quelques images sur cette vidéo : http://youtu.be/WSsPKV3Ti70

 

L'équipe Cousteau a sorti son premier film documentaire en 1956. «Le monde du silence», tiré du livre éponyme, gagne la palme d'or à Cannes cette année là. Depuis, la liste de films / docus télé est longue, la plus grande série portant sur le monde de la mer («the undersea world»). La série sur l'Amazone comporte 4 autres films.

 

Aide : le téléchargement doit se faire avec des logiciels bittorrent. Sur linux, vous avez déjà certainement Transmission, pour window$ vous pouvez utiliser le logiciel libre QBittorrent : http://qbittorrent.sourceforge.net/download.php

 

Bon voyage sur l'Amazone !

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 16:50

 

ou : méthode magique pour apprendre des langues.

 

J'ai croisé un voyageur à Rio qui me disait qu'avant chaque voyage, il apprenait tout seul les bases de la langue du pays de destination et qu'ainsi, au bout de quelques heures, il était capable de communiquer. Il est allé en Chine pour son travail et a appris quelques rudiments, il est allé au Maroc et était capable de demander des renseignements dans la rue (et de comprendre la réponse), et en Allemagne où il a appris dans l'avion (voyage transatlantique de plusieurs heures) et à l'arrivée était capable de satisfaire ses besoins de communication de touriste.

Naturellement j'étais dubitatif. Et interloqué. Comment peut-on absorber les bases d'une langue tout seul, en quelques heures ? Est-ce seulement possible ? En plus, on aurait la connaissance de plus d'une dizaine de langues à portée de mains ?

Je confirme la magie ! Il suffit de télécharger les CDs de Michel Thomas … et d'y passer quelques heures.

1 La méthode

J'ai essayé la méthode avec une langue dont j'ignorais tout, l'Allemand, et qui en même temps se prête bien, comme je l'ai constaté, aux leçons en anglais.

Et donc, au bout de 8 heures, j'étais capable de dire :

  • I don't know where it is I can't find it
  • I'm sorry but I don't have it for you
  • I can't bring it to you today because I don't have it
  • at what time can you be here tonight ?
  • how long can we stay here ?
  • where would you wait for me ?
  • I would like to go there
  • I'm going to stay at home because I'm very tired/busy
  • I couldn't do it because …
  • etc

J'ai beaucoup aimé sa méthode. En fait je l'ai trouvée très motivante et adictive. Y arriver me faisait rire de satisfaction et enclencher la piste suivante.

On se retrouve avec Michel Thomas qui donne sa leçon à un homme et une femme, tous deux totalement débutants comme nous. Il commence par nous parler de la langue en général (et de ses similarités avec l'anglais, ce qui nous donne déjà des points de repère). Puis il introduit quelques mots, que les élèves répètent, qu'il corrige et qui se re-trompent, et nous sommes encouragés à répéter nous aussi quand retentit un petit bip (et c'est là l'intérêt). Puis il introduit de nouveaux petits mots ou un nouveau verbe et à chaque fois il explique ce mot, d'où il vient, comment il est construit et comment le retrouver; bref, il explique, et ça nous permet de tout retenir sans effort de mémorisation, surtout qu'ensuite, on répète et triture des phrases de plus en plus longues. Par exemple :

  • to give = geben
  • we give (facile, on se rappelle de son explication précédente) = wir geben
  • I give
  • I'm giving
  • I'm giving it to you
  • I can't give it to you
  • I can't give it to you today (là on se rappelle que le verbe est à la fin de la phrase alors on se rappelle de la leçon précédente et on ne se trompe pas)
  • I can't give it to you today because I don't have it (là on réfléchit un peu)
  • when do you want to have it
  • when can you have it for me
  • et on passe à un autre verbe ou particularité grammaticale.

Au final, on apprend à construire des  phrases de plus en plus compliquées, et on apprend à deviner à partir de l'anglais. On apprend à apprendre tout seul.

A la fin de toutes les leçons d'allemand, on a vu toutes les formes possibles des verbes modaux (can, should, would, could, will, could be, could have, shoud be, could have done, etc), comment construire le prétérit, le futur simple; les verbes à prépositions fixes ou changeantes, … mais pas de comparatif ou superlatif (ce qui s'avère simple à priori, ressemblant à l'anglais) et pas trop de déclinaison des noms, juste des pronoms (ce qui est embêtant, et un peu dur). Voilà pour un gros apperçu.

On a de bonnes bases, et on se sent pousser des ailes, mais ce n'est bien sûr pas suffisant pour devenir à l'aise dans cette langue. Par exemple, on manque évidemment de vocabulaire. Ce n'est pas une méthode si magique que ça :p

 

 

Ses méthodes existent pour l'Allemand, le Français, l'Espagnol,  l'Italien, le Néerlandais, puis ont été rajoutées, par son institut, des méthodes pour le Portugais, le Chinois, le Japonais, le Russe, l'Arabe, le Grec et le Polonais.

Pour télécharger :

- lien torrent : https://thepiratebay.se/torrent/6008874/Michel_Thomas_Complete_V3 (lien direct)

Rque : vous n'êtes pas obligé de tout télécharger ! Vous pouvez sélectionner uniquement les CDs qui vous intéressent.

- il vous faut un client bittorrent, tel quel le logiciel qBittorrent (windows et linux) (sous linux, Transmission est souvent installé par défaut).

2 Portugais

Par contre je ne suis pas autant enthousiaste avec les Cds de portugais ! :D Voici ce qu'ils disent dans la toute dernière leçon :

  • je voudrais que tu lises le livre
  • it's necessary that I go (subjonctif) to Lisbon
  • perguntou-me se tinha ligado á Maria
  • if you had called me last night, I would have waited

Ce n'est donc fou. Et ils vont lentement. Ce sont des anglophones qui apprennent une langue latine pour la première fois … Or vous êtes français et vous avez sûrement de bonnes bases en espagnol, ce qui vous donne 20% plus 60% du travail déjà acquis. Reste 20% de grosses particularités du portugais à apprendre, et un gros travail sur l'oreille. Autant se reposer sur son espagnol, observer les différences d'une table de conjugaison, chercher de vrais cours de grammaire (pour apprendre, tenez-vous bien, le futur du subjonctif !), lire un livre et regarder des films sous-titrés.

Je n'ai jamais vu de matériel type "De l'espagnol au portugais pour les français". Ce serait super utile.

3 Michel Thomas

Il a créé son centre d'étude des langues vers 1950, aux états unis. Il a fait profité de sa fameuse méthode ceux qui avaient les moyens de se l'offrir (Woody Allen, Bob Dylan, … ). Maintenant on l'a en téléchargement torrent sur internet :)

 

Sa biographie est étonnante, notamment pour ses activités d'après guerre, même si un doute existe sur certaines.

 

Né Moniek Kroskof, en 1914 en Pologne, il a été envoyé vivre chez sa tante en Allemagne à 6 ans pour fuir l'anti-sémitisme, puis est allé à Bordeaux quand Hitler est devenu chancelier. Il est ensuite allé étudier à Viennes mais a dû revenir en France lors de l'Anschluss. Il a travaillé à Nice où il aidait des juifs à obtenir de faux papiers. Arrêté par le gouvernement de Vichy, il a passé 2 ans dans un camp de concentration dans les Pyrénées. Il s'est échappé et a rejoint la résistance, où il a pris son nom de guerre, Michel Thomas. En 43 il se fait arrêter et personnellement interrogé par Klaus Barbie, et s'en sort grâce à sa maîtrise du français et sa méconnaissance feinte de l'allemand. Dans les années 80 il témoigna lors du procès du boucher de Lyon, où le procureur a dit que «à l'exception de M. Michel Thomas, tous les témoins sont de bonne foi».

Il a servi dans les GIs américains, a aidé à la libération de Dashau (toute sa famille est morte à Aushwitz), dit qu'il a sauvé une cache de documents qui identifiaient des nazis du monde entier (essentiel pour le procès de Nuremberg), et a exercé le «métier» de chasseur de nazis pendant deux ans après la guerre. Il aurait monté des réunions secrètes d'anciens nazis, menant à l'arrestation d'un major SS.

 

Il est mort en 2005 à l'âge de 90 ans, laissant une femme et deux enfants.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Thomas_(linguiste)

polémique sur ses faits de guerre : http://www.offkilter.org/thomas.html

pour un résumé : http://www.guardian.co.uk/news/2005/jan/19/guardianobituaries.obituaries

Apprendre des langues avec Michel Thomas

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 20:56

 

1.1 Adriana Calcanhotto - Porto Alegre (Nos Braços de Calipso)

Un titre de "Maré" :

" Qui a cru un seul instant qu’Adriana Calcanhotto, une des artistes majeurs de la scène brésilienne de ces 20 dernières années, allait se conformer à l’esthétisme et aux codes formels de la samba? Encore que…La chanteuse de Porto Alegre a toujours cultivé cette double image qui nous a révélé, parfois une artiste subtile et intellectualisante, parfois une chanteuse insouciante et délurée comme un enfant, dans le monde duquel elle s’immerge quand elle se transforme en Adriana Partimpim ; celle qui nous surprend par le raffinement d’Esquadros, et celle qui nous fait balance un titre « dancefloor » comme Maresia; celle enfin, qui abandonne ses livres de poésie et ses traités de philosophie pour s’encanailler, boire et flirter dans les nuits de Lapa, comme dans le titre Beijo sem, inclus ici et offert en 2010 à Teresa Cristina. Un album de samba traditionnel, n’aurait donc pas été inconcevable, mais « O Micróbio do samba » est un peu plus complexe que cela… "

suite de la chronique ici.

Téléchargement direct : album Maré

L'abum, O micróbio do Samba, de 2011.

1.2 Martinho da Vila (1938-..) - O Pequeno Burgês

Grand sambista. N'arrête pas de sortir des disques depuis 1969. Ici son premier succès national, de l'album "Martinho da Vila" de 1969 :  

télécharger cet album (très bon !) (merci à global groove)

1.3 Vanessa da Mata & Ben Harper

Ajustez le volume, détendez-vous ...

 

Paroles :

1.4 Chico Buarque - Geni e o Zepelim (paroles et traduction)

 Parce que Chico Buarque est vraiment un grand :

 

 

 

Les paroles (à lire ! c'est là tout l'attrait chez Chico Buarque. J'ai d'abord aimé cette mélodie, puis j'ai été choqué par les paroles, et enfin on m'expliqua que Geni représentait la dictature (ce que je ne me figure toujours pas très bien d'ailleurs) ... mais que de surprises, et que ne perd-on pas n'étant pas brésiliens !):

 

Traduction (a partir de celle de "Sushi" sur un forum) (cette traduction est inédite !!) :

 

Pour les liens de téléchargement : voir un vieil article.

1.5 Maria Rita - Minha Alma (A Paz Que Eu Não Quero)

Née à São Paulo en 1977, chante depuis qu'elle a 24 ans. C'est la fille de la grande chanteuse Elis Regina et la 9e icone de la Musica Popular Brasileira actuelle. Elle a sorti son 4e album en septembre de cette année. Voici une chanson de son "Segundo":

 

 

Paroles :

 

Télécharger Segundo : <ici>

Discographie de Maria Rita (wikipedia)

1.6 Forro in the Dark - Saudades de Manezinho Araujo

Du Forro ! La danse est très jolie, malheureusement je ne trouve aucune vidéo potable sur internet (edit : c'est arrangé !). Contentons-nous de la musique ! De l'album "Light A Candle", 2009 :

 

 

Téléchargez Forro in the Dark - light a candle (2009)

 

1.7 et toujours …

Ceci^^

 

 

Et téléchargez la BO ici.

 

 

Voilà comment j'ai ensoleillé votre hiver.

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 23:23

Il y a un an (et deux mois) je commençais ce blog. Bon anniversaire !

Parabéns pra você (11sec) :


 

Parabéns pra você

Nesta data querida

Muitas felicidades

Muitos anos de vida

 

 

Je l'ai alimenté avec la volonté de faire découvrir le brésil à mes proches en même temps que moi avec du contenu qui complétait les mails, et avec la volonté de partager mon expérience avec celles et ceux qui viendraient ici après moi. Je pense ainsi pouvoir leur faire gagner beaucoup de temps avant et après l'arrivée, et participer à leur (vous) faire passer un meilleur séjour, car plus on en sait au début, plus le voyage démarrera vite et bien 

 

J'ai passé un an à Porto Alegre et je suis rentré chez moi le 28 juillet dernier (2011). Alors, ce blog est-il mort pendant la traversée de l'océan ?! Si j'en crois mes notes accumulées, il me resterait 19 articles à poster, donc la réponse serait non ! Ceci dit, il reste à voir à quelle fréquence je les posterais et si je ne vais pas m'essouffler … Si je m'en tiens à une note par mois, ça devrait aller, d'autant plus qu'une bonne poignée de notes devraient être relativement rapides à écrire ("relativement" car à chaque fois je mets plusieurs heures à préparer un article, même si ce n'est que de la musique prise sur youtube !). Par exemple, partager mon voyage de trois mois en Argentine, Bolivie et Cusco, Pérou, à partir des gros mails écrits à ma famille et légèrement repris pour essayer d'avoir une vue d'ensemble sur "qu'est-ce que c'est que de voyager en Amérique du Sud et puis-je le faire moi-même ?".

Ainsi donc, je prévois, grosso modo :

  • - 3 récits de voyage + 1 vue globale sur mon expérience de voyage + des photos
  • - une rapide découverte de Florianopolis
  • - de la musique, parce que c'est cooool, en élargissant un peu le spectre
  • - quelques films. Je n'en ai pas vu des mille et des cent, mais assez pour me frayer un chemin dans la masse et ressortir des films marquants et variés sur le genre et les époques
  • - des chroniques de livres si j'arrive à les écrire moi-même …(découvrez Machado de Assis et oui, lisez Tristes Tropiques en faisant un petit effort au début si besoin)
  • - des infos sur le Brésil que j'ai apprises pendant mon année, telles que : "l'université publique est libre, gratuite et meilleure que les privées. Super ? Oui, MAIS …"
  • - je risque de faire quelques copier-coller d'articles de la (bonne) presse brésilienne qui me semblent particulièrement éclairants, enles traduisant quelques fois
  • - une super méthode pour apprendre des langues ! Le mystère reste entier …
  • - une ou deux petites choses sur Porto Alegre
  • - les choses encore imprévues
  • - des articles devraient montrer que partir c'est aussi pour avoir un autre regard sur son chez soi ...

Enfin, mais j'hésite … j'ai eu le plus de visites au mois de mars (±300), pendant lequel je n'ai rien posté ! faut-il en conclure ce qui s'impose ?

Qu'importe, c'est mon anniversaire et je m'en vais regarder un Dysney, super kitch mais séduisant et rigolo.

 

 

 

- " Cavaleiro ! Aqui esta o meu cartão ... Tem um dos seus ? ... O pato Donald ?! Ora vem, me da um abraço, o mesmo daqueles, blabla seja bemvindo meu caro, veja você ! Vamos sair por aí, vai conhecer o Rio, vamos pra todos os lugares, vamos pra Copacabana ... Botafogo ... o jardim botánico ... o pão de azucar e o Corcovado (christ redenção)"

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Published by portovince
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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 09:58

Avant de partir je vous propose quelques photos de la Cidade Baixa, la cité basse. C'est le quartier nocturne de Porto Alegre, là où se trouvent les bars, les bars musicaux -où classiquement on danserait avec un groupe en live sur de la samba ou de la pagode (un dérivé de la samba)- et les boîtes de samba -avec un dj qui rejoue les classiques de la samba. Ici il n'y pas de funk brésilien, heureusement; il n'y a pas beaucoup la possibilité d'écouter d'autres styles de musique non plus. On peut, mais il faut se tenir bien informé. Donc typiquement, quand on sort on va boire des bières gelées et sans goût dans un bar, et les plus motivés essaient d'enchaîner en allant danser -celà coùte de R$6 à R$25 voire plus (diviser par 2.30 pour avoir l'équivalence en €). Ici nous n'avons pas les mémés vendeuses de caïpirinhas dans la rue comme à Rio, mince. Généralement, on mange un X (prononcer "chis", qui est la prononciation de la lettre iks et en même temps le raccourci pour "cheesburger"). Ils sont différents de ceux qu'on connaît du McDo (miracle : il n'y a pas de McDo à l'intérieur de la Cidade Baixa !), ils diffèrent par la forme du pain, plus grand et plus applati, le maïs et les petits pois qu'ils y glissent, et le type de viande : vous pouvez demander un X à la viande -steak haché-, au poulet, au salami, au cœur de poulet ... ces X, on les mange attablés dans une petite cahute ou dans une grande chaîne respectable. J'adore les X :)

   En pire, on peut manger des dogs, des cachorros quente, des hots-dogs, que l'on achète au stand du coin de la rue. Certains ont la réputation d'être bons, mais sincèrement ils sont tous dégueulasses. On y mange les pires saucisses dont je suis sûr ni les porcs ni les gamins de l'île aux fleurs n'ont voulu. Vous vous retrouvez avec un pain blanc chaud et mou, rempli du nombre de saucisses demandé, de petits pois, petites frites salées croquantes style apéro, le tout arrosé de la sauce demandée. Le pain ne peut pas fermer car il y a trop de choses, donc vous n'arrivez pas à manger et vous vous en foutez partout sur les mains. La serviette très plastifiée n'aide pas trop. Pour les intéressé-e-s, un bon dog pas cher est au bar du Elio, près du Opinão.

   En mieux, on peut manger un à-la-minute, mais pas pendant toute la nuit. Ceci est un plat rapide et très copieux constitué de frites, riz blanc, plusieurs pièces de viande et légumes coupés en gros morceaux. Ou alors un buffet-libre, ou alors un rodizio de pizzas (des serveuses vous proposent des parts de pizza toutes les 2 min. Ça peut être cool, mais il faut absolument vérifier la qualité des pizzas avant ! Aimeriez-vous manger une "pizza aux 4 cheddards" ?)

   En encore mieux, on pourrait manger une feijoada, plat typique brésilien. Mais là c'est autre chose et je connais moins, et puis la nourriture change pas mal dans les autres états.

   Je ferme le paragraphe nourriture et observe que quand je suis revenu de voyage d'été (c.a.d début mars) j'avais eu une petite période râleuse, notamment à propos de bouffe, et que maintenant que je m'apprête à partir je reparle encore de bouffe.

 

   Donc typiquement quand on sort avec des amis, sur un coup de tête, que l'on soit invité à un anniversaire, à une fête d'adieu ou n'importe quoi, on va dans les lieux précédemment cités. Les brésiliens n'ont pas l'habitude d'inviter chez eux, et c'est une des choses que je trouve vraiment dommage, moi qui y suis habitué et qui le préfère. Cela s'explique, mais ne fait pas non plus partie des habitudes. Tout le monde n'a pas son appartement loin de là, certains habitent loin, ou se serait trop "dangereux" d'y venir ou partir sans taxi : certes. Mais ce n'est pas non plus une habitude. Chez soi "on paierait trop cher", on ne pourrait pas aller danser, on s'expose aussi certainement aux amis qui vous offrent un gâteau : oui, ils sont nombreux à le faire et cela ne fait jamais plaisir !* etc

   Certains bars font payer l'entrée (en fait la majorité), certains R$12 l'entrée que tu ne payes pas si tu consommes plus de R$25 ... là, tu es sûr de trouver des gens très kitchs, des nanas refaites et des gars bodybuildés.

 

   La Cidade Baixa, outre un quartier nocturne c'est aussi un quartier où il fait bon vivre. À vue de nez oui c'est un quartier populaire. Certains quartiers tels que Bom Fim sont plus chics, hautements grillagés et la nuit emploient un vigile par rue -les gens aisés ont peur des pauvres. S'ils ont des choses à craindre, encore qu'à PoA ce soit bien tranquille par rapport aux mégalopoles du pays, vous n'avez non plus jamais vu la télévision ici. Pour moi c'est devenu une chose typique du pays : la peur du pauvre -et les discours ignorants qui vont avec, qui participent avec d'autres sujet types des discussions superficielles (à mon avis) difficiles à dépasser - et de manière plus générale le problème quotidien de l'insécurité, ce dont je n'ai jamais été confronté en France. Dans ma rue on trouve les bars, les vendeurs de Xs, un gros supermarché, des vendeurs de vêtements d'occasion, une boutique d'artefacts religieux africains, un parking à six étages, un coiffeur pas cher, une cainquaillerie, ...

   Depuis deux mois que je vis ici, après avoir habité loin sur l'avenue Ipiranga au premier semestre, je pense que oui habiter ici c'est carrément mieux. Nous ne sommes jamais qu'à 40-45 min du campus du vale de l'ufrgs, 20 min de la PUCRS, 5 min de l'ufrgs du centre; et nous ne sommes pas loin non plus des quelques commodités que le centre a de plus.

   La différence avec le centre-ville, c'est principalement la sécurité. Le centre est mal fâmé la nuit (j'y vois beaucoup de sdf dormir sous des porches ou pousser leur cadie tout au long de la nuit, quelques travestis et après je ne sais pas) et n'est pas un quartier de fête. Par contre au centre il y a des centres culturels bien intéressants à surveiller (comme la CCMQ, voir lien ci-contre), et la rodoviaria où on ira plusieurs fois pendant l'année.

   Et petite difficulté pour moi feignant que je suis, c'est que pour être au courant des activités des centres culturels, le mieux est d'aller y ramasser le prospectus une fois par mois, car les sites webs ne sont pas complets et/ou pas bien mis à jours.

 

  Quelques thèmes abordés mériteraient d'être développés, mais pour une introduction aux photos j'espère que vous êtes satisfaits :)

 

   Alors, voici 18 photos de ce quartier incontournable de Porto Alegre :

(Rque : par respect de votre sensibilité, je n'ai mis de photos ni de Xs ni de dogs)

 

 

 

 

Portez-vous bien, et souhaitez-moi un bon retour chez moi !

 

 

*offrir un gâteau (dar um bolo) = poser un lapin^^

 

 

Pour les porto-alegrenses :

General Lima e Silva

João Alfredo

Jose do Patrocínio

Venancio Aires

João Pessoa

 

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 03:19

Il a neigé ! Où suis-je ? Toujours à Porto Alegre. Il a neigé dans l'intérieur de l'état pendant environ 40 minutes. Ça a fait plaisir aux journaux (zero hora). La preuve qu'il fait froid. Il fait vraiment froid, et c'est même pire qu'en France, car ici je suis peu équipé, naturellement, et les maisons elles mêmes ne le sont pas. Nous n'avons pas de chauffage, les vitres à deux battants laissent 2 cm de jour -hier soir j'avais même du vent dans ma chambre, du coup ! Le vent et la pluie couchent des arbres au sol et coupent des foyers en électricité (zero hora). La douche est chauffée par une résistance électrique logée dans sa tête. Par conséquent on se chauffe au chimarrão, et mon thermos est mon meilleur ami. Le temps est également maussade puisque l'on est en hiver. Donc il n'y a pas trop d'avantages à être en hiver. En France, nous avons le plaisir du chauffage, de la cheminée, des paysages déprimants (ça forge le caractère), des soirées en famille serrés autour de l'âtre, de la montagne, des jeux en bois du marché de Noël, etc; ici c'est la même chose en plus froid, avec l'avantage qu'il ne fasse pas chaud.

A l'inverse, la France n'est pas préparée pour les fortes chaleurs ... n'est-ce pas ?!

 

CourrierInternational a rapidement annoncé la découverte d'une nouvelle tribu d'indiens en Amazonie. Pourtant, je croyais que c'était une fable, qu'il était acquis depuis la fin des années 80, que de tribus inconnues il n'en existe plus. Illustration avec un exemple de 2008.

 

Au Brésil, les armes font aussi la loi. Depuis un mois, 6 personnes ont été abattues par armes à feu, parce qu'elles s'opposaient au traffic du bois précieux et au déboisement illégal (détails en fçais et en pt). Entre 1985 et 2011, 1 855 personnes ont été abattues pour cause de litiges agraires. Et la chambre des députés a adopté le 24 mai un projet de loi qui assouplit la protection de l'Amazonie (CI). C'est beau les lobbys et la corruption (détails de la loi sur un site d'ONGs) (il a quand même été demandé aux députés de voter un texte qu'ils n'avaient pas vu !).

 

Nous allons quand même au nord du Brésil pour quelque chose de plus gai, pour faire la fête. Le 24 juin, c'était la fête de São João (la fête de la Saint-Jean), ou festa Junina (qui vient de joanina, de São João).

Nous les étudiants étrangers avons été invités à une fête organisée par la Relinter, le bureau des relations internationales de l'université (ufrgs). C'est un chouette bureau, car du moment où les jeunes employés & stagiaires organisent quelque chose c'est bien (ils ne sont pas obligés même si c'est leur boulot). Mais ils n'arrivent pas à la cheville de ce que j'ai connu à Grenoble :D À grenoble j'aimais beaucoup qu'il y ait un grand campus qui rassemble beaucoup de monde, et un espace de vie géré par et pour les étudiants qui fait office de centre de rassemblement, pour les étudiants de tous horizons. Cela permet d'abriter un essaim d'associations diverses et variées, de créer de la rencontre et du mélange. Porto Alegre est une ville beaucoup plus grande, les 3 campus principaux sont éloignés, et il n'y a pas vraiment de lieu de brassage. A Grenoble il y a une association d'étudiant(e)s tournée vers l'accueil des étudiants étrangers1, qui propose des programmes bien cools (le parrainage, le tandem pour pratiquer une langue) et organise beaucoup d'activités, comme des week-ends à la montagne. J'aurais adoré partir en week-end avec un groupe varié d'ici, mais ils ne proposent pas encore cela. Je leur ai dit et ils ont aimé l'idée, alors qui sait ! Mais le problème est qu'ici il existe très peu d'associations, ça c'est vraiment une spécificité française (enfin, je ne connais pas tous les pays non plus). Eux, ils font leur boulot, aucun étudiant volontaire ne fait partie de la relinter, et aucun étudiant n'est bénévole, mais je suis sûr qu'ils adoreraient, tout le monde ayant à y gagner.

Donc, la fête (bonjour, t'es de Paris ? non ? ooooh).

wikipédia :

 La fête de la Saint-Jean d'été, traditionnellement accompagnée de
grands feux, est la fête de Jean le Baptiste. Elle a lieu le 24 juin.

Elle est proche de la date symbolique du solstice d'été dans
l'hémisphère nord, qui a lieu le plus fréquemment le 21 juin,
exceptionnellement le 19 juin (prochaine occurrence en 2488), rarement
le 20 juin (occurrences proches en 1896, 2008 & 2012) et le 22 juin
(occurrences proches en 1975, au début du XXIIIe siècle puis en
2302). La nuit est encore très courte, et de ce fait plus propice à
une fête durant jusqu'au matin.

Le solstice d'été a été fêté de tous temps. La fête de la Saint-Jean
reprend donc des traditions pré-chrétiennes.

C'est donc un fête païenne. Elle a été introduite au Brésil par les portugais et est fêtée dans tout le pays, mais surtout au nord-est.

wikipédia (en)

 As Northeastern Brazil is largely arid or semi-arid these popular
festivals not only coincide with the end of the rainy seasons of most
states in the northeast but they also provide the people with an
opportunity to give thanks to Saint John for the rain. They also
celebrate rural life and feature typical clothing, food, dance
(particularly quadrilha, which is similar to square dancing). Like
Midsummer and Saint John's Day in Portugal and Scandinavian countries,
São João celebrates marital union. The "quadrilha" features couple
formations around a mock wedding whose bride and groom are the central
attraction of the dancing.

wikipédia (pt)

 O local onde ocorre a maioria dos festejos juninos é chamado de
arraial, um largo espaço ao ar livre cercado ou não e onde barracas
são erguidas unicamente para o evento, ou um galpão já existente com
dependências já construídas e adaptadas para a festa. Geralmente o
arraial é decorado com bandeirinhas de papel colorido, balões e palha
de coqueiro ou bambu. Nos arraiais acontecem as quadrilhas, os forrós,
leilões, bingos e os casamentos matutos.

Un arraial

marcelap.png

 

crédit : marcelap sur flickr

 

Du coup je propose un documentaire (imdb) qui n'explique pas la fête mais montre de belles images du nord-est du Brésil. Il n'est pas sous-titré mais j'ai écrit rapidement quelques bribes de dialogues pour pratiquer votre portugais (n'hésitez pas à compléter), et puis le plus important sont les images et la musique de Gil Gilberto et de ses comparses.

1 parte 1

  • Viva São João ! (bis)
  • essa tradição é muito antigua, vem de povos bárbaros, da europa, synchrétisée avec le christianisme,
  • (le prêtre) São João é anunciado do caminho do senhor porque quando ele foi batizado o pessoal achava que era ele que era o Cristo Jesus; mas ele dizia "eu não sou o Cristo" "Você é omicias" "eu não sou omicias, eu sou aquele que clamas a voz nos desertos (±), preparo eu o caminho do senhor como esta escrito no profeto ensaias"

2 parte 2

  • quem faz a festa de São João é nos de arroz
  • … é o melhor tempo pra seculer pra plantação, a gente planta meio de março, dia 25, dia 19 de março, pra tirar agora na formilha (?); milho [> maïs], feijão [haricot noir], mandioca [manioc]  no  dia 19 de  março ...  se não
      tiver (futur du subjonctif) nada do milho ... laranjas, não tem alegria pra  São  João ...   se tudo  o  tempo fosse  assim, a  gente andava  bem  alegre, pegava muito mais dinheiro, eheh.
  • então a festa é assim, uma festa acolhadora, com essa relação bem profundo do homem com a natureza, sua gratidão profunda, pela colheta, pela sapra, pelo alimento, pela provisão, das coisas que ele necesita; e a música no Brasil, a música junina no Brasil, acabou virando a coisa maravilhosa, especialmente depois de Luiz Gonzaga
  • (au concert) "Bahia … eu vou mostrar pra você … e quem quizer aprender (futur du subjonctif !)…
  • por isso posso dizer com muito satisfação eu sou Baião
  • (bus) ah que saudade que eu tenho … há 10 anos que não veio aqui
  • 3 parte 3

     

    e daí em diante, y'en a 9.

    4 Louiz Gonzaga évoqué plus haut :

    “Quando eu vim do sertão, seu môço, do meu Bodocó

    A malota era um saco e o cadeado era um nó

    Só trazia a coragem e a cara

    Viajando num pau-de-arara

    Eu penei, mas aqui cheguei

    Trouxe um triângulo, no matolão

    Trouxe um gonguê, no matolão

    Trouxe um zabumba dentro do matolão

    Xóte, maracatu e baião

    Tudo isso eu trouxe no meu matolão.”

    Pau de Arara, Gonzaga

     

    Et voilà :)
    http://catalogodasartes.com.br/Upload/@Obras/Thiago%20Ferreira%20Melo%5CLeil%C3%A3o%20de%20Natal%20-%20dezembro%20de%202007%20-%20item%200250.jpg
    Heitor dos Prazeres, festa de São João no interior (1955)
  • ps : des amies m'ont donné un avantage de l'hiver : le vin. En été il est bien trop chaud, mais en hiver il réfauche jusqu'au bout des pieds^^

    Footnotes:

    1 IntEGre

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 03:08

 

Samedi dernier, j'ai invité des ami-es à manger dans l'appartement dans lequel je viens d'emménager. Après deux mois d'auberge, ça me change :) Ils ont tous été surpris par le riz au chocolat que j'avais fait au dessert, surtout Maciel, comme tous les brésiliens, c'était marrant :p Pour les inviter, je leur en ai parlé une semaine avant quand je les ai vus chacun séparément, puis je leur ai confirmé par mail quelques jours avant … Alex a voulu me joindre le soir même, car il devait amener du poisson mais voulait savoir combien on était exactement (ce que j'avais précisé dans mon mail). Donc il a appelé le téléphone portable de Maciel (je ne savais pas encore que l'on a un fixe). Il était un peu stressé et énervé, par le fait que je n'aie pas de portable et qu'apparemment il serai dur de me joindre … ensuite pendant la soirée, sa copine l'a appelé deux fois, ce qui lui a remonté des petits problèmes à la mémoire, et l'a stressé, eheh^^

 

Cela ne vous surprenda pas, le portable est hyper répandu ici aussi : 95.92% de la population (quoi, vraiment ?!), soit 185 millions de personnes1, a un portable. Il y a deux ans, le gouvernement a même presque créé un programme de bourse pour aider les familles les plus pauvres à accéder au portable. Elles en auraient reçu un, et R$7 de crédit par mois (pendant combien de temps ? ça ne dit pas)2. Ç'aurait été avec l'argent des grandes entreprises de télécommunication. Ici les opérateurs sont Vivo (portugaise), Claro (mexicaine), TIM (italienne) et Oi (brésilienne).

 

Mais moi cette année, j'ai décidé de faire sans. Pour commencer, au début de l'année lorsque je ne connaissais personne, je n'en avais tout simplement pas besoin, et puis au cours de l'année je n'en ai pas vraiment eu besoin non plus … mes meilleurs amis, je les voyais régulièrement; pour se donner rendez-vous à une soirée il suffisait de se parler ou de s'envoyer un mail ou un message via réseaux-sociaux la veille ou l'avant veille. Le "problème" surgit quand on part de chez soit, que l'on est en retard et que les autres ont changé de lieu, ou que l'on attend quelqu'un d'en retard. Quand on a un portable on peut communiquer pour résoudre ce "problème" du retard, lequel je ferais remarquer est dû en grande partie au fait même d'avoir un portable ! Du coup je trouve cela un peu con, de trouver indispensable cet outil qui résoud des "problèmes" créés par lui-même.

Mais cette situation, du retard et de la perte de son groupe tribal, est en fait une chance :) Un soir je n'ai pas trouvé mon groupe de potes dans le bar/boîte musicale où l'on avait RV et dont ils étaient partis car il n'y avait encore personne. Ils n'avaient pas pensé à dire au videur où ils allaient, qui s'en serait souvenu vu l'absence de clients. Je n'avais pas non plus mon petit papier avec les numéros de téléphone que j'aurais appelés d'une cabine (elles sont vieilles mais environ une sur deux marche). Je suis donc resté puisque j'avais payé mon entrée :D Le temps de rassembler mon courage, j'ai parlé avec les trois pelés présents (c'est facile, il suffit de demander une chose banale avec un fort accent français), j'ai passé une bonne soirée, j'ai même rencontré des gentes (et je ne vais pas vous faire un dessin).

Dit autrement, le portable permet à coup sûr d'éviter le contact avec des inconnu-es et détruit les relations sociales. "Tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation".

 

Tout cela à la limite relève du bon sens … de chacun. Mais ce qu'il y a de certain, c'est que le débat sur le portable a besoin d'être enrichi et approfondi. Pour ce faire, revenons à un endroit que vous connaîtrez mieux : à Grenoble.

De Grenoble à Chambéry, la vallée du Grésivaudan se déroule entre les massifs de Chartreuse et de Belledonne, suivant les méandres de l'Isère. Jusque dans les années 1960 le promeneur y découvrait un "verger magnifique", une nature qui parlait "à l'imagination et la pensée" : "sous les vignes courant en feston entre les arbres fruitiers, se succèdent de petits carrés de luzerne, blé, chanvre, maïs : une merveille de petite culture."3 Les villages de Crolles et Bernin, à 20 km de Grenoble, ont aujourd'hui des allures de zone commerciale américaine – môles commerçants, publicités criardes, bretelles d'autoroute, parkings et lotissements. Nous sommes au cœur de la "Silicon Valley à la française", dans une agglomération de "statut international" dont les métastases colonisent les derniers prés, où les enfants ignorent que leurs ancêtres se baignaient dans les chantournes, les vieux canaux d'irrigation. C'est à Crolles 2, zone industrielle à cheval sur les deux communes, qu'est implantée "l'Alliance", unité de production de STMicrolectronics – associé durant quelques années à Philips et Freescale Semiconductors (Motorola). Crolles 2, ce sont des investissements colossaux, les plus importants depuis la construction des dernières centrales nucléaires (2,8 milliards d'euros dont 543 millions d'aides publiques) ; c'est l'importation à grands frais d'ingénieurs américains et hollandais et son corollaire immobilier, l'explosion du prix des logements ; le pillage des ressources et la pollution du voisinage ; les contrôles d'identité à l'entrée de l'Alliance ; la soumission des chercheurs du Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) de Grenoble et des élus locaux aux exigences des industriels ; la visite régulière des autorités - Chirac, Sarkozy, Devedjian, etc. LA fierté du techno-gratin.

 

Pour quoi faire ? Des téléphones portables.

 

***

"Allo, c'est moi. J'suis dans le bus. J'arrive. A tout de suite."

***

 

Ne souriez pas. Si vous trouvez dérisoire le résultat de ces sacrifices, gaspillages et destructions, c'est que vous n'entendez rien à la réalité économique. Le téléphone portable, c'est une innovation, et comme l'a expliqué Michel Destot, maire de Grenoble, avec l'innovation "apparaît le développement des activités économiques qui génère lui-même des emplois pour l'ensemble de nos concitoyens. Il y a là une véritable mine d'or, prenons-en conscience."

 

Le téléphone portable génère bien d'autres choses que des emplois et de l'or. Non seulement il accélère la destruction de la planète, mais il contribue à la technification totale du monde. Des effets dont jamais les chercheurs du CEA, sous-traitant de Nokia, ne parlent dans leurs conférences mensuelles à la Fnac, ce débitant de téléphones prétendûment "agitateur d'idées".

 

Bref; vous feriez mieux d'aller lire directement LA BROCHURE DONT JE ME SERS. Elle est courte (21 pages; imprimez-la en livret) et bourrée d'informations solidement référencées. Le collectif qui l'a écrite est bien sûr critiquable, mais elle nous apprend plein de choses et affûte méchamment notre esprit critique.

Ci-dessous, morceaux choisis et résumés.

1 Semiconducteurs, maxi-nuisances

Contrairement à ce qu'elle prétend, la micro-électronique est aussi polluante que bien des industries low-tech. Derrière sa façade clinquante, le téléphone portable est un concentré de nuisances. D'abord à cause de ses puces électroniques. Eric D. Williams, chercheur à l'université des Nations Unies à Tokyo, a mesuré les éléments nécessaires à la fabrication d'une puce de 2 grammes. Résultat : 1,7 kg d'énergie fossile, 1 m3 d'azote, 72 grammes de produits chimiques et 32 litres d'eau. Par comparaison, il faut 1,5 tonne d'énergie fossile pour construire une voiture de 750 kg. Soit un ratio de 2 pour 1, alors qu'il est de 630 pour 1 pour la puce4.

1.1 Forfait illimité en haut et en électricité

A Crolles, l'usine à puces de STMicroelectronics consomme plus de 40 millions de kWh d'électricité 5 (l'équivalent de 20 000 foyers) et 25 millions de kWh de gaz naturel par an . Le monstre se gavant toujours plus, le Réseau de Transport d'Electricité prévoit de nouvelles lignes à haute tension : "A court terme (d'ici 5 à 10 ans) les perspectives de développement industriel au nord-ouest (Minatec) et au nord-est de Grenoble (micro-électronique du Grésivaudan) nécessiteront que RTE procède à des évolutions de réseau de façon à accompagner le développement économique de la zone." Rhône-Alpes, deuxième région de France pour la consommation d'énergie, subit le plus important maillage de lignes à haute tension du pays – en plus de ses 32 barrages et de ses 14 centrales nucléaires. Nokia et le CEA peuvent toujours nous vendre des "téléphones plus économes" et des chargeurs solaires, ils oublient de signaler le gouffre énergétique qu'est leur production.

 

Pour nettoyer les plaques de silicium sur lesquelles sont gravés les circuits électroniques, l'Alliance engloutit 700 m3 d'eau par heure (l'équivalent d'une ville de 50 000 habitants), et soumet les collectivités locales à ses exigences : 150 000 euros d'amende par heure à payer à l'entreprise en cas de défaillance dans la fourniture d'eau ; obligation de doubler prochainement les conduites d'adduction sur 18 kilomètres, pour un coût de 25 millions d'euros ; livraison impérative d'une eau d'excellente qualité, exempte de chlore même en période de "menace terroriste" – minime compensation pour les Grenoblois qui échappent sur ce point au délire sécuritaire au nom de l'intérêt économique supérieur. Si l'Alliance a choisi le Grésivaudan, c'est aussi pour piller ses ressources en eau pure, y compris en période de sécheresse et de canicule. Tandis que les habitants surveillent leur consommation, STMicroelectronics et ses voisines, start up de micro-électronique (Soitec, Memscap), éclusent les mètres cubes : "L'année 2006 s'achève sur une baisse de 1 % de la consommation d'eau des communes alimentées par le Sierg (Syndicat intercommunal des eaux de la région grenobloise). 26 des 28 communes alimentées, dont la consommation est principalement "domestique" connaissent une baisse de 3,5 %, tandis que Crolles et Bernin (pour lesquelles la part industrielle représente plus des 4/5 e) ont une consommation en hausse de plus de 8 %". Pendant ce temps dans les massifs alentours, les glaciers fondent à vue d'œil, et avec eux les réserves d'eau qui ont fait la prospérité du Grésivaudan. Il est vrai que nous y avons gagné des cristaux liquides.

1.2 Téléphoner pollue

Crolles 2, site Seveso, consomme des produits toxiques comme la phosphine (hydrogène phosphoré), le thilane ou l'arsine (mélange hydrogène - arsenic). "Des gaz de combat", fanfaronnait un salarié lors d'une visite publique. Les produits chimiques stockés sur place mais aussi à des kilomètres, comme à Lancey de l'autre côté du Grésivaudan, circulent chaque jour en camions à travers l'agglomération. Rappelons que le site est en "zone urbaine", au milieu des lotissements poussés par dizaines pour loger ses employés. […]-->

 

Officiellement, en 2002 l'Alliance a rejeté dans l'atmosphère 9 tonnes d'oxydes d'azote, 10 270 tonnes de CO2, 40 tonnes de composés organiques volatiles8. C'est déjà énorme. Mais un employé confie, sans vouloir en dire plus, que la teneur en produits polluants des rejets dans l'atmosphère serait faussée par l'utilisation de gaz pulsés. Comment le vérifier ? La direction ne communique pas sur les chiffres. Tout juste peut-on se référer à ce rapport de visite de la Drire (Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement) en mars 2003 : "/La société STMicroélectronics qui utilise des chaudières à tubes defumée alimentées au gaz naturel (FOD en secours), souhaite que les normes fixées en NOx par l'arrêté préfectoral du 08.10.01 soient revues compte tenu des difficultés à respecter la norme fixée (100 mg/Nm3)./" Moyennant quoi "les valeurs limite d'émission en NOx peuvent être fixées à 120 mg/Nm(gaz naturel) et 200 mg/Nm3 (FOD)". Il est si simple de s'arranger, sans même risquer de réveiller les écotechs Verts ou Frapna (Fédération Rhônes-Alpes d'association de protection de la nature). Tant que les normes sont respectées, nos gestionnaires de nuisances ronflent en paix.

 

Les riverains, eux, murmurent que les enfants développent des pathologies inhabituelles, et que l'eau des chantournes est saturée de pollution. [… 1600 Kg de cuivre sont rejetés dans l'isère chaque année, et les poissons sont ventre à l'air]. […]

1.3 Il n'y a plus de gorilles au numéro demandé

Ce n'est pas tout. Outre ses puces, votre téléphone a besoin de condensateurs en coltan (ou colombo-tantalite), un minerai malléable, résistant à la chaleur et à la corrosion. Celui-ci est extrait notamment en République Démocratique du Congo (RDC), où se trouvent les plus importants gisements mondiaux.

 

Comme les diamants, le coltan a été au centre d’une guerre pour le contrôle des ressources qui a tué plus de 3,5 millions de personnes dans sept pays depuis 1998. "Tout une série d'entreprises se sont créées dans cette zone, en association avec les grands capitaux transnationaux, les gouvernements locaux et les forces militaires (de l'Etat ou de la guérilla) qui se disputent le contrôle de la région concernant l'extraction du coltan et d'autres minerais. L'ONU n'hésite pas à affirmer que ce minerai stratégique finance une guerre que l'ancienne Secrétaire d'État des Etats-Unis, Madeleine Albright, a dénommée "la première guerre mondiale africaine"."5

 

Au Congo, de nombreux enfants sont retirés de l’école pour travailler dans les mines de coltan. Le minerai est acheté aux rebelles et à des compagnies minières hors-la-loi par des sociétés internationales, dont Cabot Inc. aux Etats-Unis, HC Starck en Allemagne (filiale de Bayer), et Nigncxia en Chine. Ces sociétés transforment le minerai en une poudre qu’elles vendent à Nokia, Motorola, Ericsson, Sony, Siemens et Samsung.6 Conclusion qui ne figure pas sur la notice de votre portable : "Il semble évident que les consommateurs du Nord, soit la majeure partie de la demande solvable et les derniers maillons de la chaîne, ont en partie contribué indirectement à la poursuite du conflit en RDC." 7

[…] Les mines de coltan sont situées en majorité dans l'est de la RDC, dans la région du Kivu, sur le territoire des derniers gorilles des plaines, des okapis et des éléphants. Bilan de l'activité minière : saccage des forêts et des cours d'eau et massacres d'animaux. Au rythme actuel, les spécialistes estiment à 10 ou 15 ans maximum l'espérance de survie des gorilles.8 […]

 

Chaque fois que vous passez un coup de fil, vous jouez avec la santé des habitants du Grésivaudan, avec la vie des Congolais et celle des derniers grands singes de la planète. C'est à ce prix que vous restez en contact.

 

***

"Allo ? Ouais, je suis à la boulangerie. Une baguette. Non, je parlais à la dame. Quoi ? A moins le quart, OK."

1.4 Téléphone jetable

En France, 19 millions de téléphones sont remplacés chaque année9, mais changer son portable signifie jeter son portable. Ce sont donc des millions d'appareils qui sont envoyés en Chine ou en Afrique pour être "recyclés", ce qui est une grosse blague (page 5). On envoie même des millions de tonnes de déchets électroniques comme "dons charitables".

 

Plus près de nous, à Bourg-Fidèle (Ardennes), l'usine Métal Blanc a été jugée en février 2005 pour la contamination par le plomb et le cadmium du sol, de l'air et de l'eau, avec des conséquences sur la santé d'une quarantaine de salariés ou enfants voisins10. L'activité de cette usine ? Le recyclage. On voit que les nuisances sont aussi durables que le développement des industries qui les génèrent.

2 Grillades de cerveaux

Début 2008, les bornes Wifi pour l'Internet sans fil sont partout. Connaît-on les risques pour la santé ? s'inquiète l'opinion. Pas de problème, rassurent les décideurs, car le Wifi est beaucoup moins puissant que les téléphones portables. Mode d'emploi à l'attention des cobayes : pour connaître les dégâts que vous inflige une "innovation", attendez la suivante. Souvenez-vous, les pesticides étaient excellents pour notre santé jusqu'à l'apparition des OGM, "indispensables" pour nous débarrasser enfin de ce poison. Il aura fallu attendre le Wifi pour s'entendre dire qu'en termes d'exposition aux rayonnements électromagnétiques, "comparé aux fours à micro-ondes et aux téléphones portables, le wifi c'est pas grand chose".

2.1 Tous cobayes

La question de santé publique, le danger d'exposition aux ondes, étant à peu près tout ce dont on débat dans les médias dominants, j'imagine que vous êtes au courant des dangers pour la santé. Quoique, j'émets des doutes. On ne peut même pas faire confiance à l'OMS, sourde aux multiples alertes lancées par des scientifiques du monde entier (page 8).

 

Pourquoi les cobayes humains ne sont-ils pas mieux informés ?

2.2 Les ondes nuisibles pour la vérité

Parce que le lobby de la téléphonie verrouille les résultats négatifs, achète des chercheurs à gage, attaque en diffamation les citoyens qui protestent, … (pages 6 à 9) Moi je propose d'illustrer la question des experts payés par l'industrie et sur-représentés dans les médias avec l'extrait ci-dessous, à propos du réchauffement climatique. C'est un court extrait tiré du film documentaire de Daniel Mermet "Chomsky et compagnie" que vous pouvez découvrir et écouter ici, acheter ici et télécharger ici en torrent.

 

Et dans les médias : Une revue complète du Monde révèle l'invasion du gadget dans l'information. Plus de 70 articles ont été consacrés au téléphone portable par le quotidien en 2007. Dans ce flux régulier, aucune enquête sur les dommages écologiques de cette industrie. Six articles, 2719 mots à peine, consacrés aux risques sanitaires – le plus souvent une brève en bas de page signalant les résultats d'une étude scientifique. Un seul article (510 mots) évoquant "Big Brother" et la surveillance via portables – encore ne s'agit-il que d'annoncer la diffusion d'un documentaire sur le sujet à la télévision. En revanche, les papiers positifs concernant les innovations technologiques, les derniers modèles, les nouveaux usages, services ou fonctionnalités, représentent 11 716 mots. Enfin, les sujets économiques sur les entreprises de téléphonie mobile et leurs marchés totalisent 7110 mots. Sans oublier les suppléments "High tech" et les pages "Agenda high tech" du Monde 2, qui délivrent chaque semaine une leçon de journalisme spécialisé.

2.3 Notice nécrologique

Notez également que la pollution électromagnétique semble avoir sa part dans le "syndrome d'effondrement des ruches", plus encore depuis l'apparition de la téléphonie "3G", au débit plus élevé. Pour mémoire, 60 à 90 % des colonies domestiques ont disparu aux Etats- Unis depuis 2006. Les agriculteurs américains doivent importer des ruchers pour assurer la pollinisation de leurs arbres fruitiers. Même drame en Europe depuis une dizaine d'années : les abeilles disparaissent sans laisser de trace. Rappelons modestement aux pros de la 3G que les abeilles sont ces insectes pollinisateurs qui, en butinant les fleurs, assurent la fécondation indispensable à l'apparition de fruits et légumes …

3 Le triomphe des manipulateurs

Nous n'avions rien demandé, mais nous l'avons quand même. Mais mince ! Vous soupçonnez que les industries inventent nos besoin avant l'apparition des produits. Mais comment font-ils ??

 

Ils réunissent "des créatifs (designers, artistes), des experts en sciences humaines (sociologues, anthropologues), des spécialistes des logiciels, de la micro-électronique, des microsystèmes, mais aussi des opérateurs, des industriels ou de futurs utilisateurs de ces objets communicants"11, et les font plancher sur des gadgets futuristes (balançoire virtuelle, stylo communicant, clones virtuels, vêtements et lunettes communicants). Le fruit de ces "ateliers créatifs" est ensuite soumis à des panels de consommateurs classés selon leur "comportement vis-à-vis du changement" (étiquetés en "Passionnés", "Pragmatiques" ou "Objecteurs") dont les réactions sont examinées à la loupe, pour décider si tel machin a des chances d'être accepté par les cochons de consommateurs. La combine a le mérite de dévoiler la logique toute commerciale de la "recherche & développement" chère aux ingénieurs du CEA : il ne s'agit pas de trouver une réponse aux besoins de la population, mais des débouchés à une technologie, en créant des besoins factices. Ad Valor revendique ce renversement de logique orwellien, en résumant le parcours d'une innovation rentable : celle-ci doit d'abord créer des "significations d'usage positives" associées à une "valeur pour l'usager" avant d'aboutir à l'"expression du besoin" puis à la "demande". Rien de bien neuf, quoiqu'en disent les frimeurs d'IDEAs Lab. Leur méthode recycle celle d'Edward Bernays, double neveu de Freud, l'inventeur américain de l'industrie des "relations publiques" dans les années 1920, expert revendiqué en manipulation de l'opinion.

 

On pourra prendre une mesure de l'influence des idées de Bernays en se rappelant la percutante remarque d'Alex Carey, suggérant que « trois phénomènes d'une considérable importance politique ont défini le XXe siècle ». Le premier, disait-il, est « la progression de la démocratie », notamment par l'extension du droit de vote et le développement du syndicalisme ; le deuxième est « l'augmentation du pouvoir des entreprises » ; et le troisième est « le déploiement massif de la propagande par les entreprises dans le but de maintenir leur pouvoir à l'abri de la démocratie ». L'importance de Bernays tient précisément au fait qu'il a, de manière prépondérante et peut-être plus que quiconque, contribué à l'articulation et au déploiement de ce troisième phénomène.12 Son coup de maître fut sans doute, pour le compte d'une multinationale du tabac, d'amener les femmes américaines à fumer. Voui, rien que ça. Lisez, vous comprendrez ;)

4

Maintenant je décide de vous laisser le IV et le V en entier : "liberté sous surveillance, autonomie sous assistance" et "Le mouchard parfait". C'est plus dur de choisir des morceaux, c'est plus dur d'en parler rapidement, c'est plus dur d'en parler. Je vous laisse avec un petit jeu de devinettes :

  • qui a écrit le passage suivant ? (c'est facile, c'est dans la brochure) :
     La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques
    comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire
    accepter par la population les technologies utilisées et parmi
    celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles.

    Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics
    et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront
    être accompagnées d’un effort de convivialité par une reconnaissance
    de la personne et par l’apport de fonctionnalités attrayantes:

    • Éducation dès l’école maternelle, les enfants utilisent cette
    technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la
    cantine, et les parents ou leurs représentants s’identifieront pour
    aller chercher les enfants.

    • Introduction dans des biens de consommation, de confort ou des
    jeux : TÉLÉPHONE PORTABLE, ordinateur, voiture, domotique, jeux vidéo

    • Développer les services « cardless » à la banque, au supermarché,
    dans les transports, pour l’accès Internet..."

    La même approche ne peut pas être prise pour faire accepter les
    technologies de surveillance et de contrôle, il faudra probablement
    recourir à la persuasion et à la réglementation en démontrant l'apport
    de ces technologies à la sérénité des populations et en minimisant la
    gêne occasionnée.
  • qui a dit : (en substance, je n'arrive pas à retrouver la citation exacte) : "Ils entretiennent de bonnes relations avec leurs voisins, ils n'ont pas de téléphone portable -ce sont des terroristes".

Quant à moi, que dire à ceux qui se foutent de ma gueule parce que je n'ai pas acheté de portable ? Comment expliquer en moins d'une minute à mes amis qui ne comprennent pas ? (et ne lisent pas le français …) (maintenant, j'ai et vous avez ce texte en portugais)

Vais-je reprendre mon portable à mon retour en France ?

 

La brochure est ici. Bonne lecture !

 

Liens connexes :

- Prêt à jeter - l'obsolescence programmée : documentaire d'Arte sur pourquoi et comment les ampoules sont étudiées pour ne pas durer plus de 1000 heures, les imprimantes ne pas imprimer plus de X pages, la batterie des iPhone ne pas durer plus de Y années, ...

- Une brève histoire de l'extinction en masse des espèces, Franz J. Broswimmer, éd. Agone

Footnotes:

1 http://pt.shvoong.com/

2 http://noticias.terra.com.br/brasil/

3 dans le Tableau de la Géographie de la France, 1903

4 Libération 21/11/02

5 World Rainforest Movement, www.wrm.org.uy

6 World Watch Magazine, mai-juin 2004

7 World Rainforest Movement, www.wrm.org.uy

8 Sciences et Avenir, juin 2004

9 Le Monde 4/04/07

10 Le Monde 23/02/05

11 Lettre de Minatec n°2, novembre 2001

12 Extrait de la présentation de Normand Baillargeon au livre "Propaganda : comment manipuler l'opinion en démocratie" d'Edward Bernays, paru en 1928, et consultable en ligne sur le site des éditions Zones. Hyper intéressant et développe méchamment l'esprit critique bien sûr !

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Published by portovince
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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 06:28

 

Indubitablement, une bonne connaissance de la culture brésilienne serait nécessaire pour comprendre la portée de tous les symboles et paraboles qui construisent le film. Cependant, tiré du classique publié en 1928 de Mário de Andrade (1893-1945), ce film est tellement bourré d'humour et d'un regard perçant, déformé et exagéré, qu'il est très étonnant et captivant du début à la fin.

 

Lors de la première scène, une mégère dégoûtante -jouée par un homme- défèque presque son nouveau-né -joué par un homme, excellent- qui pousse ses premiers cris. "Ouh qu'il est moche !" "Il s'appelera Macunaïma -les noms en "ma" portent malheur". Macunaïma, "héros sans caractère", est un petit monstre … il sait brâiller, est malin et très paresseux, fait pipi au hamac, donc sa mère qui dort en dessous se protège avec un parapluie, et est aussi précoce : sa belle sœur l'emmène dans la forêt et tire une cigarette de son vagin, il fume un coup et pouf se transforme en prince -blanc- le temps de quelques ébats … avec d'autres éléments très théâtre populaire qui me font bien marrer !

 

 


 

 


 

 

Mal aimé, il est souvent châtié par sa famille. Mais un beau jour, il passe sous une fontaine magique et pouf devient blanc. Son grand-frère, métis, n'aura pas eu cette chance… Commence alors pour ces derniers un voyage vers la capitale, où il va éprouver avec paresse et veulerie diverses facettes du Brésil moderne : ses racines indiennes et rurales, son fourmillement urbain, son racisme larvé …

 

Pour info ou pour rappel, le « Cinéma Novo » (cinema nôvo pour les puristes), né au début des années 60, n’est rien d’autre que l’équivalent brésilien de la Nouvelle vague. De même que cette dernière est née en réaction à la « Qualité Française » – ou que le néo-réalisme s’est opposé au « cinéma de téléphones blancs » mussolinien –, de même le Cinéma Novo s’est d’abord érigé sur les ruines d’un cinéma majoritaire et académique : la chanchada, comédie musicale carnavalesque mêlée d’aventures et de parodie, extrêmement populaire mais peu au fait des réalités historiques et sociales du pays, bien que très "brésilienne" d’esprit. Dans la lignée du mouvement tropicaliste, de jeunes cinéastes dotés d’une double connaissance de la haute culture et de la culture populaire (Nelson Pereira Dos Santos, Carlos Diegues, Ruy Guerra et le plus célèbre et turbulent d’entre eux, Glauber Rocha) entendent porter un regard sur un Brésil jamais filmé – celui des paysans et des bidonvilles – et proposer une esthétique neuve et contestataire, évidemment subversive dans un pays où sévit une dictature militaire (1964-1985).

 

En 1965, Andrade réalisait "Le Prêtre et la jeune femme", un film sec et intense, sourd et brûlant, sur un thème qui inspira plus d’un artiste : la relation trouble entre les personnages indiqués par le titre. En regard du mouvement dans lequel il s’inscrit et du long métrage de fiction auquel il succède dans la filmographie du cinéaste, c’est peu dire que Macunaïma détonne. Pensez donc : une comédie bouffonne émaillée de musique qui rencontrera un succès public – soit, à première vue, un retour au genre même que le Cinéma Novo avait souhaité balayer ! Le retour aux sources est en fait beaucoup plus profond : il s’agit d’un renouement avec ce qu’une certaine culture populaire brésilienne a toujours eu d’irrévérencieux et de moralement incorrect.

 

La cohérence esthétique et politique qui habite les formes diverses du Cinéma Novo – lequel a indubitablement donné naissance à une nouvelle cinématographie nationale – fait aussi la limite de sa réception hors des frontières du Brésil : une connaissance approfondie de la culture du pays semble parfois nécessaire si l’on veut en saisir tous les enjeux : comprendre, par exemple, l’importance fondamentale qu’y revêt la notion d’anthropophagie. Ce que le cinéma brésilien, après une période abyssale (la présidence Collor (1989-1992), où le désengagement de l’État en matière de culture en général et de cinéma en particulier a réussi à réduire à zéro le nombre de films tournés par an), a gagné en accessibilité, il l’a peut-être perdu en force : le renouveau actuel du cinéma brésilien, économiquement indéniable, ne peut faire l’objet d’un bilan esthétique qu’en demi-teinte. Nombreux, en effet, sont les films formatés et académiques, occasionnelles les bonnes surprises, rares les éclatantes réussites (le somptueux "À la gauche du père" de Luiz Fernando Carvalho, malheureusement passé inaperçu lors de sa sortie en France).

 

Macunaïma, c'est en somme l'individu brésilien et le Brésil multiethnique et multiculturel vu par Joaquim Pedro de Andrade et étalé dans toute sa complexité. Sans caractère, il les possède tous et vit en harmonie avec : blanc, noir ou métis, européen et américain riche ou pauvre et par-dessus tout amoureux de la vie. Mais c'est aussi une critique du Brésil contemporain : trop violent, trop inégalitaire, tournant au ridicule la société de consommation.


Télécharger Macunaïma : liens rapidshare (lisez les commentaires), lien torrent

 

Biblio :

Les films cités :

Notes sur le téléchargement : N'ayez pas peur de l'Hadopi :

Bons films !

[ciné] Macunaïma, Joaquim Pedro de Andrade (1969)

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Published by portovince - dans ciné
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